En cette veille de 1er mai, voici un extrait tiré de « La sainteté des gens ordinaires » de Madeleine Delbrel qui s’applique à l’engagement bénévole.
« Le travail, c’est de l’amour.C’est le plus simple, le plus constant, le plus réel des actes de la charité fraternelle.
Le Christ n’a pas dédaigné de lui donner la plus grande part de sa vie. On perd ce sens de l’amour quand on fait du travail une servitude au lieu d’en faire un service. »
qui se chauffera ; l’employé de mairie qui rédige des dossiers du matin au soir sert ceux qui, grâce à ces papiers, recevront quelque argent ou quelque facilité ; le vendeur de magasin sert celui qui veut acheter ; le métallurgiste sert celui qui aura besoin d’une auto.
Et ce n’est pas d’être plus ou moins en contact avec des êtres humains qui constitue ce service : une infirmière ou une secrétaire servent également leurs frères, parce que d’autres hommes ont besoin du travail de l’une comme ils ont besoin du travail de l’autre.
J’entendais dire à un industriel il n’y a pas très longtemps : « Une usine, c’est fait d’abord pour donner de la joie ». Travailler, c’est presque toujours donner de la joie quelque part.
Souvent, on voudrait laisser son travail et partir ailleurs, servir les autres et toucher du doigt qu’on les sert.
Et nous partons à rêvasser sur des exploits que Dieu ne nous demande pas, laissant passer, comme à travers une passoire, des minutes et des minutes de ce service que Dieu nous a choisi et qui s’appelle notre travail.
Car ce travail, c’est de Dieu que nous l’avons reçu, même si nous avons opté pour lui. Ce sont les circonstances de notre vie, nos aptitudes et nos facultés qui nous ont comme conduits à lui. La règle de notre travail, elle est comme une loi familière de Dieu.
Le travail, parce qu’il est l’amour, est une des grandes forces créatrices du monde.
Il conserve la vie, il la protège, il la nourrit, il la développe.
Travailler pour ses enfants, c’est continuer à les enfanter, à leur donner la vie.
Travailler sur les forces naturelles, c’est pour ainsi dire découvrir, élargir la vie et glorifier celui de qui vient toute vie.
Travailler pour nous nourrir, c’est encore entretenir la vie. On ne peut aimer sans travail, mais il faudrait pouvoir dire qu’on ne peut travailler sans aimer.
Alors, nous pourrons répondre au téléphone toute la journée, ou assurer les repas, ou taper sur une machine, ou aligner des chiffres, ou trépider dans un atelier, nous n’attendrons pas une nouvelle activité, ni un changement d’horizon, ni l’occasion d’un dévouement sensationnel, mais nous livrerons nos bras, nos mains, notre intelligence à l’esprit du Christ pour qu’à travers nous il continue à aimer les hommes et cela nous suffira.
Deuxième partie de « Notre pain quotidien, 1942 »,
La sainteté des gens ordinaires, OC VII,



