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Assemblée Générale de l’Union mondiale des organisations féminines catholiques

L’ assemblée générale de l’UMOFC

 Union Mondiale des Organisations Féminines Catholiques

Femmes de l’UMOFC, porteuses d’« eau vive » au monde assoiffé de paix.

Du 16 au 22 octobre s’est déroulée à Saly au Sénégal, l’assemblée générale de l’UMOFC (Union Mondiale des Organisations Féminines Catholiques).
L’Action catholique des femmes, organisation fondatrice y participait et était représentée par Chantal N’Guyen vice-présidente, Joëlle Prévot trésorière nationale.

Deux autres membres de l’Acf : Françoise Zorn ancienne présidente et Anne Marie Morizot ancienne responsable d’un groupe de travail, déléguées par l’UMOFC auprès du Conseil de l’Europe à Strasbourg étaient présentes également.

Assemblée Générale

L’Assemblée générale de l’UMOFC a lieu tous les quatre ans.

L’ouverture de cette assemblée débute la mardi 16 octobre par une messe célébrée à la cathédrale de Dakar, puis nous nous rendons sous un chapiteau près du grand théâtre où nous accueillons le chef de l’Etat sénégalais Macky Sall, accompagné de Zahra Lyane Thiam Diop ministre, conseillère du président, elle a une longue carrière dans le travail avec les femmes musulmanes et catholiques pour promouvoir la paix et le développement dans le tissu social démocratique. Nous notons la présence également du Cardinal Théodore Adrien Sarr. Ces personnalités sont accueillies dans la joie par des chants et danses africaines.

La présidente de l’UMOFC Afrique, Monique Faye et la présidente nationale Maria Giovanna Ruggieri, souhaitent la bienvenue à tous les participants puis lecture est faite d’un écrit du pape François.

De retour à Saly, de nombreuses intervenantes prennent la parole sur la deuxième partie du thème « au monde assoiffé de paix. »

Première prise de parole, Isabel Recavarren, fondatrice et coordinatrice du Forum des femmes de l’Assemblée parlementaire euro-latino-américaine du parlement européen, Pérou.
‘‘La femme catholique a pu s’exprimer par la danse, les chants et l’on sait que la femme de confession musulmane ne peut pas.

L’esprit du mal nous mène au fanatisme, à la violence sociale. Le pape François a parlé de marécage. L’arrogance accompagne la corruption. La corruption est un abus de pouvoir dans un but d’enrichissement. J’ai analysé la corruption en Afrique. Pour les femmes africaines, elles sont souvent victimes de corruption, c’est une guerre sociale. C’est à travers la terre que l’on pourrait arrêter la pauvreté, lutter contre la faim, l’égalité des genres’’.

Puis, Anne Thérèse Gallagher, Présidente de la commission internationale catholique pour les migrations (ICMC) Australie aborde le sujet de famille et migration.

‘’Le système économique mondial crée la séparation des familles. Promouvoir les valeurs de justice. Fixer le regard sur l’avenir’’.

Enfin, Sœur Thérèse Samake, vice-présidente de l’université catholique d’Afrique de l’Ouest à Bamako, Mali intervient sur la question : « qu’arrive-t-il à notre maison commune ? »

Sœur Thérèse a orienté son intervention sur les déchets qui sont stockés le plus souvent à l’intérieur de la cour, en attendant d’être incinérés à l’air libre. La dégradation et la gestion de l’environnement sont étroitement liées à l’analphabétisme de la population et à la culture qui la façonne. Gros problème écologique dans toute l’Afrique. Les décharges sont à ciel ouvert, les déchets brulés dégagent des fumées toxiques et nocives pour notre planète. En ville les ordures ménagères ne sont pas ramassées régulièrement. Le personnel des sociétés de collecte est souvent en grève car ils ne sont pas payés.

Elle insiste sur l’audace du changement pour développer : une conscience nouvelle et engagée, une révolution culturelle, une nouvelle manière d’être, d’agir et de vivre, changement de mentalité, de comportement pour un environnement sain et saint, pour un développement durable, pour la paix.

Le mercredi, l’accent est donné sur la première partie du thème

‘’Comment être porteuse d’eau vive ?’’

Linda Ghisoni, sous-secrétaire de la section des laïcs du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie, Saint siège en réfère aux encycliques du Pape François « Evangelii Gaudium et Amoris Laetitia. »

Partage de sentiments entre femmes dans la foi. Amour envers l’Eglise. Si nous observons nos sociétés, nous nous posons la question : est-ce-que le monde est vraiment assoiffé ? Nous sommes entourées parce que nous sommes constamment afférées, nous sommes victimes d’une certaine paresse mortelle (pape n° 83). Déçues par nous-mêmes, attachées à une douce tristesse, obscurité. A qui porter cette eau vive ? En tant que femmes, nous sommes appelées à réveiller la foi, la paix. Comment réveiller cette foi ? Jésus demande de l’eau à la Samaritaine. Rencontre avec un homme. Rencontre dans la vérité. Courir pour annoncer ce bonheur. Nous sommes invitées à réveiller cette eau vive, c’est un engagement envers l’Eglise, c’est une force à travers le baptême. Nous sommes des agents annonciateurs de l’évangile. Tout chrétien est missionnaire. Qui peut nous donner cette eau vive ? Dans la Samaritaine, il y a le don du salut. (Exhortation n° 54).

Nombreux risques dont les femmes sont victimes, donner à l’humanité la complémentarité hommes – femmes (N° 173 – 174 la maternité). Fragilité des femmes. Eau vive : nous devons être des sentinelles de l’évangile.

Ensuite, Maria Térésa Conte Gruau, coordinatrice du master en doctrine sociale de l’église de l’université pontificale de Salamanque, Espagne en réfère à « Laudato Si »

Réflexion, discernement sur l’encyclique. Symbole de l’eau : purifie, régénère la vie

Revenir à son lien d’origine, lien où nous devons être, la sauvegarde de la création. Prendre soin : humaniser, le monde, le prochain.

Nous sommes le fruit d’un amour fécond. Nous sommes débiteur d’un Dieu à partir de l’individualité. Transformation du monde. Action dans le monde, nous avons cessé d’être respectueux jusqu’à devenir manipulateur. Capacité de se soumettre. Le développement, la culture dénoncée dans l’encyclique. Générer une autre culture, un style de vie alternatif. Domination (n° 220).

A travers la gratuité : le monde cadeau de Dieu. Conscience des liens de la communion. Développer la gratuité entre la foi et Jésus Christ. Conversion d’une triade : Dieu, notre prochain, le monde.

Témoigner que ces biens nous ont été donnés. Prendre soin de quelque chose : restaurer, encourager. Notre prochain peut être autonome, logique dans la co-responsabilité. Conviction : l’éducation

Exploitation des femmes : Il ne faut pas rester enfermé, il faut promouvoir la culture du soin, il faut lutter contre toute exploitation des femmes. Le corps de la femme est devenu une marchandise (sexe, prostitution, reproduction…) Image de la femme.

Quel monde voulons-nous pour demain ?

Enfin, Donna Orsuto, fondatrice et directrice du Lay Center du foyer Unitas, USA analyse « Gaudete et exultate »

Nous devenons « Saint » que si nous permettons au Christ d’entrer dans notre vie. Dans ce monde, un certain nombre de personnes n’ont pas cette eau vive. Réjouissez-vous et soyez heureux. N’ayez pas peur de la sainteté. Le Saint Père, nous rappelle la véritable vie, la joie de notre vie.

Aujourd’hui, le pape François nous invite à voir la sainteté au travers des personnes qui nous ont précédées et au travers des personnes que nous rencontrons.

La sainteté = cadeau. La sainteté est aussi une responsabilité. La sainteté = une vie ordinaire avec un amour extraordinaire. La sainteté : nous portons notre amour tous les jours dans des petites choses.

Nous les catholiques, n’avons pas le monopole de la sainteté, Dieu est présent dans la vie de toutes les personnes. (Lire les béatitudes). Nous devons vivre avec le discernement de Dieu. Pour le Pape François, les voix des femmes sont importantes. Nous toutes nous avons nos talents, de l’audace, du courage, de la persistance. Défi de ne pas avoir peur. Qu’est-ce-que le Seigneur nous demande ? Osons aller aux périphéries.

Après ces interventions, nous nous sommes retrouvées en groupes de travail rassemblés par langue, français, anglais, espagnol et au nombre d’une quarantaine de personnes.

L’objectif dans un premier temps est de se présenter, s’écouter pour mieux se connaître afin de savoir ce qui se passe dans nos réalités.

Les questions posées sont :

Quelles sont les similitudes et / ou les différences qui existent entre ce qui a été apporté dans les panels et la réalité des pays eux-mêmes et la vie des organisations ?

Quels sont les principaux défis que l’Eglise nous propose aujourd’hui pour agir en tant que porteuses d’eau vive ?

Sur la base de ce qui a été discuté, quelles priorités recommanderiez-vous pour le travail de l’UMOFC ?

 Le résultat de tout ce travail dans les différents ateliers est d’arriver à un consensus autour des orientations pour les quatre années à venir.

Après échanges, discussions et votes, il ressort la priorité suivante pour la période 2018-2022.

‘’Les femmes de l’UMOFC appelées à la sainteté pour l’évangélisation

et le développement intégral du monde’’

Les jours qui ont suivi ont laissé place à la partie statutaire avec notamment l’élection des nouveaux membres au conseil d’administration.

Pour la période 2018 – 2022 le Conseil est composé de 24 membres :

Afrique : 11 membres – Amérique du Nord : 2 membres – Amérique Latine et les caraïbes : 4 membres – Asie – Pacifique : 3 membres – Europe : 4 membres

Ces nouveaux membres ont à leur tour élu la nouvelle présidente Maria-Lia Servino qui succède à Maria Giovanna Ruggieri en fin de mandat.

Maria Lia est membre de l’association des vierges consacrées Servidoras. Née en 1952, elle a la nationalité argentine et italienne. Elle a un doctorat en sociologie et a fait des études supérieures en communication sociale et pastorale, philosophie et théologie. Elle est aussi travailleuse sociale. Professeur universitaire pendant plus de 20 ans, chercheuse au CIAFIC (centre de recherche en anthropologie philosophique et culturelle). Elle a écrit des articles et édité des magazines. Son expérience professionnelle a toujours été indissociable de son expérience pastorale.

Le nouveau Conseil a également reconduit les représentantes internationales auprès du Conseil d’Europe à Strasbourg Anne-Marie Morizot et Françoise Zorn pour quatre ans.

Pour terminer cette assemblée générale, le dimanche matin, nous nous sommes rendues au sanctuaire de Popenguine où a eu lieu la Messe de clôture.

Le pèlerinage marial de Popenguine est un héritage de Mgr Picarda qui, en mission au Sénégal a voulu offrir aux fidèles catholiques un sanctuaire à l’image de ceux des grands rassemblements de prières et de communions du monde. Ce site est devenu au fil des années un lieu de convergence des fidèles catholiques de la sous-région qui s’y rendent pour déposer leurs intentions de prières au pied de la Vierge de Popenguine. Cependant ce site attend toujours l’apparition de la Vierge Marie.

La semaine a été entrecoupée par la visite sur l’île de Gorée

C’est Urbain Diagne adjoint au maire de Dakar qui est chargée de l’Ile de Gorée, grâce à lui, elle a été reconnue par l’organisation des Nations Unies comme lieu de mémoire de la traite négrière en Afrique.

Elle est jumelée avec la ville de Drancy en France.
Sa superficie est de 28 hectares, sa population de 1680 h.

L’île de Gorée est une île d’où partaient les esclaves. Les enfants, les femmes et les hommes vivaient dans des espaces très réduits et enchainés. Beaucoup d’entre eux mouraient de maladie et étaient jetés dans le fleuve. Nous avons visité la maison des esclaves qui date de 1776.

Cette visite a été très émouvante sur ce lieu chargé d’histoire que les africains ont encore aujourd’hui bien ancrée dans leur mémoire.

Nous avons assisté à la création de tableaux à partir de sable de différentes couleurs.
Nous sommes rentrées dans l’Eglise Saint Charles Borromée où nous avons vu  la statue d’ Anne Marie Javouhey.